GRANDIR A TRAVERS UNE ÉPREUVE !

 

Parce que je crois que l’histoire d’une autre femme peut nous inspirer, nous prouver qu’il est possible de repousser nos limites dans toutes les circonstances ; bonnes ou mauvaises, afin de devenir celle que nous désirons être ; Je veux t’inviter le temps d’un moment dans la vie d’une femme comme toi, d’une femme comme moi.

 

Aujourd’hui, je vous présente Épiphanie, une très bonne amie à moi et une femme que j’admire beaucoup par son courage et sa ténacité dans la recherche de soi.

Elle a accepté de partager avec nous son histoire, pour nous encourager à ne pas se laisser abattre par les obstacles de la vie, à se relever avec courage afin de devenir une personne meilleure. Elle nous donne des astuces qui lui ont permis de devenir la femme distinguée qu’elle est aujourd’hui, malgré une épreuve douloureuse.

 

L’histoire d’Épiphanie :

 

Directement après notre mariage ,il y a 9 ans, nous avons commencé à parler d’avoir un enfant, mais moi, je voulais attendre encore un peu de temps, un an ou plus, surtout que je venais de commencer ma thèse de doctorat. Finalement un an après, j’étais très heureuse d’annoncer à tous nos proches que j’étais enceinte, d’un petit qui devait naître à la mi-mars de l’année d’après. Cette grossesse était un peu comme une cerise sur le gâteau, après une série de choses qui semblaient bien se passer dans ma vie à ce moment là.

 

Seulement, ce beau projet d’avoir un enfant s’est arrêté très brutalement entre le 5ème et le 6ème mois de grossesse, lorsque les médecins nous ont annoncé que notre bébé n’était pas viable. Le choc que j’ai ressenti et l’immense sentiment d’impuissance qui l’a accompagné sont indescriptibles.

 

Après la perte de ce bébé, les choses n’ont plus été comme avant … Elles ne pouvaient plus être comme avant.

 

Qu’est ce que cette épreuve a changé dans ton attitude d’aborder la vie ? Dans ta façon de voir les choses ?

 

Ma vie et ma façon de voir les choses ont complètement changé. J’ai senti que cet évènement m’a fait énormément grandir.

 

La nouvelle moi, qui était en train de naître osait s’accorder le droit de poser des questions ou de dire non quand les choses ne lui convenaient pas… Elle était plus ouverte. Elle était moins dans le jugement, mais dans la recherche du pourquoi pour simplement comprendre les choses. Elle était plus indulgente et plus bienveillante d’abord envers elle-même et ensuite envers les autres. Elle ne voulait plus rien planifier, mais se laisser guider par le flux de la vie.

 

Et aujourd’hui, je suis cette nouvelle personne.

 

Quelle a été ta motivation pour t’en sortir? Où as-tu trouvé la force de remonter la pente malgré la douleur ?

 

Ma motivation pour m’en sortir est venue du fait que je suis quelqu’un qui aime la vie, même dans les circonstances où celle-ci nous montre sa face la plus moche ou la plus injuste. Ce triste événement qui est survenu dans ma vie a ouvert mon regard sur un vaste monde, qui, jusqu’alors m’était inconnu. Ce que je voyais de loin, que d’habitude on pense que ça n’arrive qu’aux autres m’était arrivé aussi. J’ai alors découvert une énorme sensibilité qui était cachée en moi. J’ai dû réajuster pas mal de choses dans ma vie, pour justement m’adapter à cette nouvelle façon de voir les choses.

 

Quelles sont les qualités humaines qui t’ont été essentielles pour reprendre courage et te relever?

 

Si je peux en citer trois je dirais : être vrai, croire suffisamment en soi et en ses capacités pour pouvoir lâcher-prise quand c’est nécessaire.

 

J’ai accepté de lâcher des larmes lorsque je sentais que je ne pouvais pas les retenir et j’ai refusé de cacher ma tristesse, mais plutôt la partager. Parler pour se guérir.
J’ai appris à être à l’écoute de mes propres besoins et je ne supporte plus depuis lors de voir des gens qui souffrent et qui s’enferment dans leur souffrance.

 

Quels sont les 3 conseils que tu donnerais à quelqu’un qui traverse une situation difficile ?

 

Il est difficile de donner des conseils. En effet, la façon dont on accueille une situation difficile et dont on y fait face dépend de plusieurs facteurs. D’un côté, ça dépend de l’espoir que l’on avait placé dans la réalisation de celle-ci. De l’autre côté, ça dépend de l’histoire de vie de chacun.

 

Une chose qui m’a beaucoup aidée dans ma traversée du désert a été de m’ouvrir à un groupe de parole, où il y avait d’autres parents qui avaient eux aussi dû à un moment ou un autre faire face à la perte d’un enfant avant la naissance. Cela a l’avantage de permettre de relativiser sa situation, sans toutefois la nier ou la minimiser ; on se sent moins seul et ça aide à ne pas se culpabiliser. Ce groupe a été pour moi un espace libre de parole, où soit on partage ce que l’on veut partager, soit on prête simplement son oreille à celui ou celle qui a besoin d’être écouté sans aucun jugement.

Des groupes de parole existent pour de nombreuses autres situations et peuvent être un moyen de se libérer et/ou se guérir par la parole, sans devoir accabler ses proches, qui, la plupart du temps veulent bien aider, mais ne savent pas toujours comment s’y prendre.

 

En dernier lieu, je dirai qu’il faut encore oser croire en la beauté de la vie. C’est par exemple faire en sorte que la vie ait toujours un dernier mot par rapport à la mort. L’arrivée de mon fils, presque 3 ans après ce douloureux évènement a signifié pour moi, comme le retour du soleil qui envoie des rayons doux et qui réchauffent ma vie.

 

 

Je veux remercier Épiphanie d’avoir partagé avec nous son histoire à cœur ouvert. Merci de nous avoir encouragées à nous ouvrir et échanger avec les autres durant les épreuves.

Au cours d’une vie nous traversons des périodes qui sont parfois difficiles, parfois douloureuses mais à chaque fois nous avons le pouvoir de changer ces épreuves en leçons positives.

 

En cet instant précis, je veux t’encourager à changer cette situation qui gâche ton potentiel, cet évènement qui te paralyse et te tient prisonnière. Relève-toi malgré la douleur, malgré la peur, malgré la fatigue et vole comme un aigle royal. Ose grandir !

 

N’oublie pas: La douleur que tu ressens aujourd’hui est la force que tu auras demain.

 

P.S : CARPE DIEM 😉